Alfe noir a écrit
Le problème c'est que c'est pas toujours facile, ça peut vite être pris pour une attaque de la part des partis fascistes et finalement créer des tensions inutiles (et tu sais qui sa arrange du coup, si les petits partis se tapent sur la gueule).
Des tensions contre les partis fascistes ne sont pas inutiles : elles sont nécessaires.
Les fascistes ne forment pas un "petit parti" : le FN est entré de plain-pied dans la vie politicienne française, aux côtés de l'UMP et du PS. Et c'est emmerdant d'avoir trois partis de droite (donc un, voire deux, d'extrême-droite) en tête des élections.
S'il existe un but principal en commun à tous ces partis, de l'extrême gauche à l'extrême droite, c'est de combattre la mondialisation, alors il n'y a qu'en "s'unissant" que leurs voix commenceront à porter, car si chaque parti est martelé de son côté, les gens ne prendront pas conscience de l’ampleur du truc.
Pas d'accord du tout : s'unir avec les fafs c'est leur accorder une légitimité, et pire leur devoir quelque chose.
Ça peut arriver de tomber d'accord avec eux sur un point précis. Certes. Et ça ne doit surtout pas empêcher de défendre une idée sous prétexte qu'ils se trouvent la défendre aussi. Mais, c'est tout.
J'aime pas trop cette forme obscure de dictature induite où chacun doit se justifier de ne pas cautionner les agissements d'autres partis, sous prétexte qu'ils sont d'accord avec certaines de leurs idées.
Tu devrais avoir honte, et je pèse mes mots, de parler de "dictature". Je ne suis pas en train d'envoyer une milice pour emprisonner et torturer des gens : je critique le fait qu'une personne soutienne des fachos. J'émets une opinion. Les gens n'ont pas à se justifier, rien ne les y oblige, ni loi, ni arme, ni menace. Mais, s'ils décident de s'allier avec des fachos, si un doute persiste à ce sujet, il me paraît normal de prendre énormément de recul. Je ne leur impose pas de changer de fréquentations : je dis simplement que, tant qu'ils n'auront pas publiquement désavoué leur soutien à l'extrême-droite, je prendrai leur discours avec la plus extrême réserve, et m'abstiendrai de les approuver.
Ce n'est pas la peine du tout d'employer des mots comme ça. Réserve "dictature" pour les projets politiques des fachos, s'il te plaît.
Et je commence à en avoir ras-le-bol de cette technique d'intimidation qui consiste à employer des mots comme "dictature" ou "censure" dès qu'on exprime une critique. Tout le monde a droit d'exprimer ses idées. Et tout le monde a le droit de critiquer les idées d'autrui. Critiquer n'est pas censurer, critiquer n'est pas le fait d'une dictature.
C'est forcer à rendre des comptes alors que c'est pas nécessaire et pas obligatoire. C'est se soumettre à ce pouvoir dont justement ils ne veulent pas faire parti... le discours devrait suffire à justifier ses choix.
Non. Rendre des comptes quand on fricote avec l'extrême-droite, ce n'est pas se soumettre au pouvoir institutionnel : c'est rendre des comptes. Point. Ce n'est pas parce que les partis de gouvernement brandissent, quand ça les arrange, quelques idées humanistes, qu'ils en ont le monopole. Moi aussi, et toi, et n'importe qui d'autre, a le droit (le devoir, même) de rester vigilant quand commencent à se pointer les chemises brunes. Que le PS et l'UMP fassent semblant d'être républicains et de ne pas aimer les fachos n'y change absolument rien. Ce n'est pas une question de parti, c'est une question de survie.
Un autre exemple, partout on crie au racisme contre Dieudonné, mais c'est le seul qui finalement arrive à réunir dans la joie et la bonne humeur, flics, noirs, prisonniers, arabes, gardiens de prisons, français, racistes, militaires, juifs, chrétiens, antiracistes, homos, musulmans, etc.
Ça ne l'empêche absolument pas d'être raciste.
Et c'est, là encore, fort dommage : il fait partie des rares personnes médiatisées qui ait tenu un discours sincère au sujet de l'état colonial israëlien, et de la récupération à des fins politiques et douteuses des souffrances causées par les nazis.
Mais, dans le même temps, il tient des discours antisémites, se rapproche de fachos notoires (dont Soral), et ça suffit à ne pas le soutenir. Qu'il donne de temps en temps l'heure juste n'y change rien. Tant pis, il est perdu pour la cause. Et je précise que ça ne justifie absolument pas, à mes yeux, qu'on l'empêche d'exercer son métier d'humoriste. Qu'il dise ce qu'il pense, qu'il soutienne qui il veut, mais en ce qui me concerne, c'est non merci, pas question.
Si on veut lire une critique constructive de l'idéologie sioniste, on se tournera avec avantage vers Avraham Burg et son livre "Vaincre Hitler". Ce n'est pas de la rigolade comme un spectacle de Dieudonné, ça ne passe pas à la TV, mais on s'en fout de ça. Le poids de l'audiovisuel, l'importance prise par les polémiques par rapport au débat de fond, font aussi partie des outils de propagande du système que je souhaite abattre. Prenons le temps de lire, de réfléchir, au lieu d'applaudir et de se scandaliser au rythme des "débats télévisés" et autres spectacles.
Gatsu a écritGrünt a écritOn peut parfaitement dire "Quand ce facho dit ça, ça et ça, je suis d'accord. Par contre ses autres idées craignent à mort, et je ne le soutiens pas en tant que personne."
Encore faut-il se palucher tous les billets, bouquins, entretiens, relations, relations de relations de relations, etc. pour tenter de se prémunir de toute mise en cause qui proviendrait de je ne sais où, sur n'importe quel sujet. Franchement ça tient pas debout.
On n'a pas besoin de creuser profondément pour savoir que Soral est un facho. D'ailleurs, je n'ai pas pris plus de deux minutes pour creuser un peu autour de Chouard, et pour me rendre compte qu'il était trop proche de l'extrême-droite. Pas proche dans le sens "souvent d'accord avec eux", mais proche dans le sens où il soutient des combats politiques inacceptables.
Tu le prends pour un idiot en essayant de faire croire que, le pauvre, il ne sait rien des personnes qu'il défend.
N'importe qui peut étaler de la littérature et de la culture, y compris des réac'. Zemmour est par exemple très doué pour ça.
Tiens question : est-ce que citer Proudhon sans préciser qu'il était antisémite et misogyne fait de moi un antisémite misogyne ?
Le citer, non. Il a sur d'autres plans écrits de bonnes choses. De même que je cite parfois Nietzsche, alors qu'il est notoirement misogyne.
Mais soutenir en bloc Proudhon, non.
Relis ce qu'a écrit Chouard :
http://rebellyon.info/Alerte-antifasciste-Etienne.html
Si je disais de Proudhon que c'était
un homme charmant, calme et cultivé, rigoureux dans ses analyses, très convaincant sur une série de sujets qu’il connaît parfaitement , ou bien
je trouve l’accusation [misogyne] à [son] endroit tout à fait diffamatoire et infondée, bref que j'exprime un soutien à une personne et pas juste un relais de certaines de ses idées, ce serait parfaitement
normal qu'on me demande de me positionner par rapport à ce que Proudhon a écrit de problématique. Tout simplement parce que ce sont des points
importants. Je serais bien entendu libre de réaffirmer mon soutien entier à Proudhon, ou faire la sourde oreille et ne pas répondre sur ce plan, mais il serait alors logique qu'on me soupçonne d'être antisémite et/ou misogyne, et qu'on prenne ses distances avec moi pour cette raison.